 | Johannes Brahms , compositeur russe (1833-1897) Rhapsodie pour piano op.79 n°1 (1879)
Fils d’un musicien, il commença d’étudier de fort bonne heure, et obtint de brillants succès sous la conduite de Marxsen, à Altona. En 1853, il fut présenté à Schumann, qui fut enthousiasmé de son talent et lui consacra dans la Neue Zeitschrift für Musik, un article rempli de louanges hyperboliques. Après avoir travaillé avec Schumann, le jeune Brahms produisit des morceaux de musique de chambre, qui soulevèrent de violentes critiques et de chauds applaudissements. En 1861, il quitta Hambourg pour Vienne, où il a dirigé l’orchestre de la Sing-Academie (1863-1864), et présidé aux concerts de la célèbre société intitulée Gesellschaft der Musikfreunde. En 1868, l’exécution de son Deutsches Requiem, pour solo, chœur et orchestre, établit définitivement sa réputation. À son mérite comme compositeur, Johannes Brahms joint l’habileté d’un pianiste remarquable; nul comme lui, sauf Franz Liszt, n’a su varier et paraphraser des thèmes originaux, dus à d’autres musiciens ou à l’inspiration populaire. Au point de vue artistique général, on peut dire de Brahms qu’il continue, dans la musique pure, le mouvement imprimé par Robert Schumann, avec une habileté et une fantaisie voisines de celles de son maître, mais avec moins de poésie intime et de véritable profondeur. Il y a chez Brahms beaucoup du virtuose, même dans ses compositions, et il n’est pas étonnant qu’il ait pris une attitude nettement hostile aux théories et aux œuvres de Wagner; son talent incontestable l’a fait le chef reconnu, en Allemagne, de tous les musiciens qui ont refusé d’accepter les drames wagnériens et d’en propager les principes. Composées en 1879, les Rhapsodies opus 79 furent publiées l'année suivante. Brahms assura lui-même la création lors d'un Festival Brahms à Krefeld, en Rhénanie, le 20 janvier 1880 (au même programme figurait, la fameuse Rhapsodie pour contralto et le Triumphlied). Un ami de Brahms, Theodor Billroth, y voyait le retour du « Johannes jeune et tempétueux ». Peut-être moins « modernes » en effet que les pièces de l'opus 76, les Rhapsodies s'orientent plutôt vers le genre chevaleresque des Ballades de la jeunesse de Brahms, — dont on retrouve ici la fougue et la tendresse passionnée. La dédicataire, Elizabeth von Herzogenberg, n'approuva pas d'abord le titre de ces deux pages : « Vous savez, écrivit-elle à l'auteur, que je suis toujours très partisane du terme de Klavierstücke qui n'engage à rien, justement parce qu'il n'engage à rien : mais probablement cela ne conviendra pas, auquel cas le nom de Rhapsodien est le meilleur, je pense, bien que la forme clairement définie de ces deux pièces semble quelque peu en désaccord avec la conception qu'on a d'une rhapsodie. » |