 | Darius MILHAUD, compositeur français (1892-1974) Scaramouche, version pour clarinette et piano (1937) Compositeur et pédagogue français, membre du groupe des Six. Né à Aix-en-Provence, formé au Conservatoire de Paris, il accompagna au Brésil, en qualité de secrétaire, Paul Claudel, qui y était ambassadeur. Sont issues de cette période certaines de ses œuvres comme les ballets le Bœuf sur le toit (1918), l'Homme et son désir (1921) et la Création du monde (1923). Suivirent notamment deux opéras, le Pauvre Matelot (1926), sur un livret de Jean Cocteau, Christophe Colomb (1930), sur un livret de Paul Claudel. Dans une veine plus populaire, il faut citer notamment la Suite provençale (1936) et Scaramouche (1937). En 1940, Milhaud s'embarqua pour les États-Unis. Il enseigna la composition au Mill's College (Californie) et ne regagna la France qu'en 1947. Nommé professeur de composition au Conservatoire de Paris, il se partagea jusqu'en 1971 entre les deux pays. Il attacha son nom à la polytonalité et utilisa des structures rythmiques dérivées du jazz. Milhaud fut un des compositeurs les plus féconds de tous les temps (environ 450 numéros d'opus) ; il écrivit notamment douze symphonies, dix-huit quatuors à cordes, d'innombrables concertos et œuvres de chambre, mélodies, cantates, opéras, etc. Il rédigea une autobiographie, Notes sans musique (1949).
Scaramouche fut composé en 1937 et son succès avait fini par importuner Milhaud !
A cette époque, un théâtre du nom de « Scaramouche » interprétait le « Médecin volant » de Molière. Milhaud avait composé pour cela une musique de scène. C’est alors qu’Ida Jankelevitch le supplia de composer une suite pour deux pianos qu ‘elle interprèterait avec Marcelle Meyer. Cette commande ennuya beaucoup Milhaud qui, il est vrai, à ce moment, composait moins pour le piano et était fort investi dans d’autres projets. Lui même expliqua avec humour dans « ses notes sans musiques » : « ….je traitai quelques éléments pris dans deux partitions de musique de scène et j’appelai cet amalgame Scaramouche, Deiss me proposa aussitôt de le faire paraître…je lui déconseillai vivement : « personne ne le jouera », mais mon éditeur avait un caractère très particulier et il n’éditait que ce qu’il aimait. Il se trouvait que Scaramouche lui plaisait et qu’il tint bon. L’avenir lui donna raison… » |