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Prokofiev

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Sergueï Sergeievitch Prokofiev, compositeur russe (1891-1953)

ProkofievSerge Prokofiev reç ut les premières leçons de piano de sa mère, pianiste amateur. A 6 ans il jouait très bien et comme Mozart, composa de brèves pièces. En 1904, Serge Prokofiev entra au Conservatoire de Saint-Pétersbourg. Il y fut notamment élève de Nikolaï Rimski-Korsakov et Anna Essipova. La puissance et la fougue de son jeu suscitaient l'étonnement de ses contemporains. Il joua sa première sonate pour piano à Moscou en 1910, puis fit une tournée à Paris, à Londres et en Suisse en 1913. C'est avec son propre Concerto pour piano n° 1 qu'il obtint, en 1914, son diplôme au conservatoire et le prix Anton Rubinstein décerné aux pianistes-compositeurs.

À la suite de la révolution d'Octobre, Serge Prokofiev quitta en 1918 la Russie pour les États-Unis. Il résida ensuite à Paris jusqu'en 1933 avant de regagner finalement l'URSS où il devint citoyen soviétique en 1937. Mais ses relations avec le pouvoir soviétique se dégradèrent au fil du temps. Les autorités étaient peu disposées à lui accorder des visas de sortie du territoire afin qu'il puisse poursuivre ses tournées à l'étranger (la dernière date de 1938). Il composa dès lors dans un style "assagi", exempt de tout ce qui pourrait choquer les censeurs de l'Union des compositeurs soviétiques (installée par Staline en 1932). Cependant il fut accusé, en 1949 par l'Union des compositeurs de "formalisme bourgeois " et fut censuré. Il retrouva les faveurs des autorités soviétiques avec sa Symphonie n° 7 en 1952 et obtint le prix Staline. Il est mort brutalement à Moscou le 5 mars 1953 (le même jour que Staline).

« Mon grand mérite, ou, si vous voulez, mon défaut le plus grave, a toujours été dans la recherche d'un langage musical spécifiquement original. Je déteste l'imitation ; je déteste les procédés déjà vus. Je ne veux pas me cacher sous le masque d'un autre. Je tiens à être moi-même. »

Prokofiev, réaliste, volontaire, tourné vers le concret et l’avenir, spirituel et provocateur, n’en est pas moins un lyrique qui a toujours su adapter son invention mélodique aux divers styles qu’il a pratiqués et n'aura cessé de tenter de vampiriser les formes classiques, de jouer avec tout pour construire un style des plus personnels.

Sonate pour piano n°1 op.1 (1912)

La première sonate pour piano est écrite en un seul mouvement. Ce premier Opus ne reflète pas seulement les premières inspirations de Prokofiev (au moins six sonates de jeunesse le précèdent), mais correspond sans doute à ce que le compositeur jugea suffisamment abouti, après quelques remaniements, pour mériter un premier numéro. Encore très marqué par le romantisme, Prokofiev ne manqua pas toutefois d’explorer la voie d’une musique nouvelle et très personnelle, à l’instar du jeune Scriabine. La personnalité de l’auteur transparaît déjà dans les attaques verticales du début ou dans l’agressivité des dynamiques et des dissonances du point culminant. Le musicologue Assafiev eut un mot assez juste à propos de cette sonate : Prokofiev « y parle de choses anciennes, mais d’une façon nouvelle ».

Sonate pour piano n°2 op.14 (1912)

La deuxième sonate pour piano, œuvre un peu transitoire composée en 1912 et créée en 1914 alors que Prokofiev était encore au Conservatoire de Moscou, offre un style qui combine l'esprit piquant du jeune compositeur et l'intransigeante astringence harmonique avec les courbes lyriques des modes musicaux d'Extrême-Orient.
Le premier mouvement, allegro ma non troppo, présente un certain équilibre dans les contrastes entre la vigueur des rythmes et des harmonies des premiers thèmes, et un lyrisme inattendu d’un thème dont la douce plainte s’infléchit sur un intervalle de seconde augmentée.
Le scherzo, rythmique, volontaire et robuste, puis plus léger et dansant en partie centrale, exprime une nature plutôt burlesque voire satirique.
L’andante, très belle page narrative, mystérieuse et hypnotisante, révèle des harmonies riches et complexes et flirte avec la polytonalité.
Le final, vivace, très virtuose, combine des figures tourbillonnantes, bondissantes, des déferlements d’arpèges… Il dote la sonate d’un moment brillant, vif et spirituel.

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