 | Igor Stravinsky, compositeur russe, naturalisé américain (1882 - 1971) Trois Pièces pour clarinette solo - 1919 Elevé dans une atmosphère artistique, Stravinsky s’éprend très jeune du théâtre musical. De 1905 à 1908, il travaille régulièrement l’orchestration avec N. Rimski-Korsakov. Sa rencontre avec Diaghilev ouvre une période de composition fortement imprégnée du folklore russe et révolutionnaire sur le plan stylistique. Sa collaboration avec le fondateur des Ballets russes l’emmène à s’installer à Paris où le Sacre du printemps, sur une chorégraphie de Nijinski, est créé le 29 mai 1913. Les œuvres de cette période devaient exercer une féconde influence sur toute la musique de la première moitié du XXème siècle.
Réfugié en Suisse durant la guerre de 1914, Stravinsky revient en France où il se fixe (1919-1939). Parallèlement à son travail de compositeur, il entreprend une double carrière de pianiste et de chef d’orchestre. La guerre de 1939 le trouve aux Etats-Unis, invité pour donner des cours de poétique musicale. Il s’installe à Hollywood et prend la nationalité américaine en 1945. Abandonnant l’hostilité qu’il nourrissait pour le chromatisme de Schönberg, il applique alors la méthode sérielle à son propre travail. Mort à New York, enterré à Venise, Stravinsky est avant tout un citoyen du monde. Son œuvre garde une unité fondamentale basée sur un certain irrespect des conventions du monde musical environnant qu’il a pourtant contribué plus que tout autre à faire évoluer. Les trois pièces pour clarinette ont été composées en 1919 à Morges en Suisse, pour le clarinettiste amateur Werner Reinhart, afin de le remercier d'avoir été le mécène de la première représentation de l'Histoire du Soldat. L'œuvre est très soigneusement annotée ; Igor Stravinsky précise que l'interprète doit respecter toutes les respirations, les accents et le mouvement métronomique. La première pièce rappelle les chants de la période 1913-1915 ; il s’agit d’une longue séquence méditative et tranquille, dans la nuance piano, qui utilise le registre grave, profond et mélancolique de l'instrument, souligné par le choix de la clarinette en La. |